Portuguese bank lets U.S. spy on Iranian accounts
Un câble (WikiLeaks 10LISBON66) montre que le 5 février 2010, l’administration de Millennium, une banque portugaise, proposa aux américains de surveiller des comptes bancaires iraniens. Le président du conseil d’administration, Carlos Santos Ferreira, discuta de cette proposition avec un des responsables qui travaille à l’ambassade américaine. Il a affirmé qu’il en coûterait plus à la banque que cela ne lui rapporterait. Cependant, Ferreira était disposé à établir une relation avec l’Iran pour aider le gouvernement des États-Unis à suivre la trace des actifs des titulaires iraniens et suivre leurs activités financières, et pour décourager les investissements étrangers en Iran.
Ferreira dit au gouvernement américain qu’il serait disposé à les autoriser à surveiller les comptes iraniens chez Millenium d’une manière qu’il conviendrait de décider entre le gouvernement américain et Ferreira lui-même. Le responsable américain, de l’autre côté, recommanda au gouvernement de répondre à Ferreira que Millenium ne poursuive aucune relation avec des iraniens. Cependant, le gouvernement américain pensa que Ferreira agirait quoiqu’il arrive, et par conséquent l’auteur du câble déclara qu’il « serait prudent de maintenir des moyens de communication avec Ferreira », espérant « suivre les développements et décourager de plus importantes relations avec l’Iran’.
Plus tôt en 2009, l’ambassade iranienne à Lisbonne avait contacté Ferreira, qui leur était connu depuis qu’il avait présidé le conseil d’administration de la Fondation Oeiras (1987-1989), une entité étatique qui aurait vendu des munitions à l’Iran il y a plus de 20 ans d’après Ferreira. L’Iran avait déjà des relations avec diverses banques européennes (dont HSBC, Deutsche Bank, Danske, et Banque Commercial de Placement), et Ferreira anticipa en prenant part dans les activités suivantes pour le gouvernement américain, selon les lois bancaires européennes et les sanctions des Nations Unies :
A) Transactions commerciales « de la part d’institutions de crédit iraniennes avec en plus surveillance des opérations pour prévenir le blanchiment d’argent et le terrorisme financier. »
B) Continuer « de mener, au cas par cas, les opérations de soutien des clients qui exportent vers l’Iran. »
En 2008, les fonds iraniens dans les banques européennes représentaient 46,7 milliards de dollars, tandis que les fonds étrangers en Iran diminuaient de 2,5 milliards de dollars. La France entretenait un compte significatif avec 5,4 milliards de dollars dans les banques iraniennes. Les exportations iraniennes représentaient 106 milliards de dollars (dont 80% de pétrole). Selon le rapport, l’EDBI dit aux responsables de Millenium que le Brésil n’est pas particulièrement soucieux du respect des sanctions internationales depuis que « des pays indépendants peuvent prendre des décisions indépendantes. »
Cet article a été traduit de l’anglais par Pierre Villard.

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